Coueyla de Sausse Dabat

, par  agnouede , popularité : 6%

Voici quelques clichés du coueyla de Sausse Dabat à Ossoue.

La cabane se trouvait rive droite du ruisseau de Sausse, on distingue encore de nombreux enclos. Une deuxième cabane devait abriter les bergers nombreux dans ce coueyla propice au pacage.

Des notes de Ramond de Carbonnières nous donne une date de construction de la cabane aux alentours de 1791 , quelques lignes bien connus des pyrénéistes :

"De là nous atteignimes en peu de tems un vaste & superbe bassin au niveau du torrent. Icy se présente à gauche dans une profonde solitude une cabane de bergers bâtie l’année dernière par ceux qui y conduisent leurs troupeaux, sur de plus grandes proportions qu’aucune de celles qui sont ordinairement dans la même vue. On y entre sans se courber beaucoup : au milieu on peut s’y tenir debout. Dans l’épaisseur du mur de la porte on a laissé des intervalles étagés où le berger place plusieurs de ses ustensiles. Dans l’intérieur, m^mes réduits pour recevoir les marmites, les vases de bois qui contiennent le lai & le beurre, les fromages faits. Au fonds des crochets de bois fichés dans le mur pour suspendre les outres, le sac de peau de bouc dans lequel on transporte les provisions. En un mot, il n’est bruit dans le pais dont jusqu’à Gèdre que de la magnificence de cette hutte & du bonheur du berger qui l’habite.

Nous y trouvames un jeune homme de Luz nommé capdevielle (…) p 43 (…) le lieu où l’on se trouve se nomme las Saouses d’avat

 

Nous trouvames notre berger occupé à faire son fromage. Tout est icy de la grossièreté des premiers ages, ustenciles et procédés. D’abord on passe le lait. Le filtre est une tresse de crins pris dans la queue d’une vache & roulée au fonds d’un entonnoir de bois de pin dont la figure est cy jointe

N°1 le bois de pin, disent les bergers est seul propre à cet usage : le sapin n’y vaut rien. P 47

Quant aux vases où on tient le lait en voicy la figure n°2. Ils sont fait de pin ou de sapin. L’invention est ingénieuse. On prend une portion d’un tronc de sapin ou de pin pourri sur place. On évuide tout l’intérieur qui est dans l’état de décomposition & n’opppose aucune résistance. L’écorce reste avec la partie du bois qui lui est voisine avec l’aubier & qui étant imprégnée de la thérébenthine de l’arbre a résisté aux vers & à la putréfaction. On nettoye & polit à l’extérieur & l’intérieur le cylindre creux (…) p 47"

Carnets pyrénéens (1792-1795) I Editions de l’Echauguette Château-fort de Lourdes

 

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