Stoussaous

, par  agnouede , popularité : 8%

Dans la revue « En Baredyo », Jeanne Haurine dit Barrique habitante de Vizos communique un texte de chanson. (HAURINE, Jeanne. Jeanne raconte Vizos. En Baredyo, 1 semestre, 1996, pp.7-9).

Il s’agit d’une chanson intitulée « Cabano dets Stoussaous ». Selon Jeanne Haurine, elle fut composée par trois bergers logeant à la cabane dets Stoussaous (1760 mètres) dans la vallée d’Ossoue. Ces trois hommes se nommaient Clousère de Chèze, Paris de Viscos et Pistou de Barrique.

Aujourd’hui la cabane a été entièrement reconstruite en pierre sèche par a Commission Syndicale de la Vallée de Barèges, saluons cette réalisation superbe où les techniques de construction font fi du coffrage en béton comme pour la cabane de Nat .

 

La cabane dets Stoussaous

 

Jeanne explique la genèse du chant comme une activité distrayante pour ces hommes passant quatre à cinq mois à surveiller les troupeaux.

« Ils avaient le moral et chantaient. Ils avaient fait une chanson le dernier été passé ensemble (…) ».

L’isolement des bergers était à la fois géographique, mais aussi affectif. Pistou avait déjà passé la période du mois d’avril à juin dans la grange d’Estibère à 1400 mètres d’altitude, loin du village .

 « Quelquefois ils descendaient à Gavarnie, mais rarement, car les retours étaient parfois difficiles. Tant pis s’ils passaient la nuit à remonter. »

La chanson dets Stoussaous développe deux thèmes principaux.

D’une part, la dichotomie entre le microcosme de la cabane et la société des riches voyageurs qui séjournaient à Gavarnie.

« Et qu’il est beau Gavarnie/ Avec tout le monde qu’il y a / Venu du fin fond de la Russie (….) ».

Les bergers gagnaient le village pour se ravitailler. L’abondance des hôtels les étonnait et contrastait avec le dénuement de la cabane, les nombreuses lumières avec la noirceur de la nuit qu’il leur fallait rejoindre.

D’autre part, le thème de la vie précaire dans la cabane est mis en exergue, illustré par l’inconfort des hommes.

Une lecture attentive des couplets montre leur dénuement.

« Cabano dets Stoussaous / Clousero ena cabano/ Surbellabe et tapioca/ Paris troussat enès capes/ Nou s’en pot desbeilla/ Pistou en gran tristesso et grano desoulatiou/ Que Souégnabe aquets hommes/ Dap grano attentiou. (…) » 

Les bergers sont décrits dans leurs postures quotidiennes : Clousère, dans la cabane, s’occupe de la nourriture

« et tapioca ». Paris est enveloppé de sa grande cape et n’arrive pas à émerger de son sommeil, le froid peut-être le tient groggi. L’oncle Pistou est plongé dans « une grande tristesse et un grand désespoir ».

Des couplets emprunts de tristesse qui peignent un quotidien rustique et des hommes isolés dans leur cabane. 

Enfin, le dernier couplet clôt la chanson sur un hymne pieux à la Vierge des Neiges montrant la religiosité de ces hommes livrés aux aléas de la nature.

En attente, le déchiffrage des incriptions trouvées sur le bord du chemin des bergers...

Périssere Augi(er) 1.47  Stoussaous
PA 1891 1891 Stoussaous
 Jare  Stoussaous Yarré
Labit Marc 1881 1881 Stoussaous maison Paris à Vizos ?
Dupont Victor  Stoussaous né en 1872 MM
 PIPTO Stoussaous
Pitou  Stoussaous

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