"Eth coueyla d’era courba "

, par  agnouede , popularité : 8%

Bérot dans son ouvrage La vie des Hommes de la montagne dans les Pyrénées racontée par la toponymie signale "eth coueyla d’era courba " .

Il explique qu’un passage délicat "eth passet d’era courba " "aménagé avec des dalles verticales pour éviter aux bàªtes et aux gens de tomber dans le précipice, longeant une falaise rocheuse [était] situé entre la vallée d’Ossoue et la cràªte de Saugué ."

Ce passage conduisait au "coueyla d’era courba " : passage si impressionnant et l’écho des cloches sur la falaise si affolant que le berger (de chez) Estèbe bouchait les cloches avec de l’herbe pour ne pas affoler les brebis, il y avait un petit emplacement prèsde coueyla o๠l’on fauchait quelques brassées d’herbe. Il fallait la ramener jusqu’aux granges à travers le passet, un homme de chez Bazerque fit un faux mouvement , la saoumette accracha la paroie et il alla s’écraser en bas de la pente. " (sic) p 78

Le récit de l’ascension du Vignemale du Prince de la Moskowa le 11 aoà »t 1838 fait mention de cet endroit escarpé o๠les paysans allaient chercher des brassées d’herbe.
Le Prince rapporte Il écrit : "A droite, au-dessus du gave, dont les eaux sont si limpides, sâ ??élève la montagne de la Courbe comme un mur immense (â ?¦)
- Un homme fauchait son pré, lâ ??autre jour tout là -haut , me dit Jean-Marie ( car notre caravane avait fait quelques recrues à gavarnie, le pauvre sâ ??est approché trop près du bord ! On nâ ??en a rien retrouvé, monsieur !"

Ramond de Carbonnières aux environs de 1793 soulignait déjà dans son mémoire intitulé De l’économie pastorale dans les Hautes-Pyrénées : « Câ ??est ainsi que des habitans de Gèdre fauchent sur le Coumélie, et ceux de Gavarnie dans la vallée dâ ??Ossouà« . Dâ ??autres plus hardis sâ ??exposent sur les plus affreux précipices. Les habitans de la vallée du Bastan parcourent ainsi les pentes dangereuses du Pic dâ ??eres Lids (â ?¦). (26)  » (sic)

Ramond note, dans son premier tome des Carnets pyrénéens, ce travail de fauche sur la montagne calcaire dite « le Pàªne câ ??est-à -dire le Rocher de Succugnac  ».« Ses couches sont inclinées du Nord au Sud et forment avec lâ ??horizon un angle dâ ??environ 35° ensorte quâ ??elles présentent leur escarpement à la vallée que lâ ??on remonte. Sur ces rapides pentes dont la plus grande partie nâ ??offre quâ ??à lâ ??Izard leurs pà¢turages inviolés, il est quelques espaces que lâ ??homme peut atteindre mais non pas cultiver. Là , il trouve des foins dâ ??irrigation desquels la nature sâ ??est chargée. Il les coupe (â ?¦). » (sic)
Dans son mémoire, Ramond revient sur ce travail.
« Ils en font des bottes quâ ??ils jettent au bas de la montagne, et quâ ??ils portent de là dans leurs granges. Il serait moins périlleux et plus utile de défricher les communaux que jâ ??indique ; mais les expéditions hardies conviennent mieux au génie aventurier des montagnards ; et il préfèrent une botte de foin enlevée dâ ??assaut à une bonne récolte obtenir par un travail régulier.  »

Bérot témoigne des derniers faucheurs dans les années cinquante, soixante : Edouard Nogué de Héas et Franà§ois Pourré de Gèdre-Dessus.


Jean de la Pène

Bibliographie :

BEROT, M. La vie des Hommes de la montagne dans les Pyrénées racontée par la Toponymie. Tarbes : Parc national des Pyrénées, Milan, 1998, p.77.
RAMOND DE CARBONNIERES. Carnets pyrénéens (1792-1795) I. Lourdes : Editions de lâ ??Echauguette, Chà¢teau-fort de Lourdes, Tome I, p. 39.
RAMOND DE CARBONNIERES. De l’économie pastorale dans les Hautes-Pyrénées de ses vices et des moyens dâ ??y porter remède. Notes et Commentaires par J.F Le Nail. Bagnères-de-Bigorre : Bulletin Société Ramond, 2/1981, p.5.
Ney, Joseph-Napoléon (prince de la Moskowa).Souvenirs et récits, par le Pce de la Moskowa. Souvenirs d’une campagne d’Afrique. Ascension au Vignemale. L’Ile de Wight. Histoire du dernier duel judiciaire en France. Le Jugement de Dieu. Michel-Lévy frères (Paris) : 1855
En ligne sur Gallica.bnf.fr

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