Jean Salaré

, par  agnouede , popularité : 11%

Qui était Jean Salaré ?

On trouve plusieurs témoignages de ses interventions en tant qu’avocat, mais il paraissait aussi à ce titre représenter les intéràªts de particuliers ou bien de la communauté.
Esprit libre ou esprit de contradiction, nous pensons avoir affaire à un homme à la forte personnalité.

1722 : un document rédigé par lâ ??avocat Salaré
Le vic de Darrelaigue sâ ??adjoint donc les services dâ ??un avocat afin de renforcer sa requàªte auprès du sénéchal. Celui-ci rédige un document permettant dâ ??étayer la demande. Lâ ??avocat commence par rappeler la sentence de janvier 1414 qui stipule que les montagnes communes aux vics devaient àªtre gérées conjointementâ ?¦
Salaré réaffirme le principe dâ ??indivision et insiste sur lâ ??indispensable concertation et consentement des vics entre eux : « Les habitants du vic du Pla dâ ??Esterre nâ ??ont pu aliéner la propriété du tout ni dâ ??une partie de la dite montagne. La chose est commune à plusieurs comme singuliers et particuliers, la vente ne peut àªtre faite sans le consentement de tous, en sorte que le refus de consentement dâ ??un peut empàªcher la vente. En sorte que ces sortes de vente et aliénations des biens communs sont absolument nulles et cassables pour avoir été faites sans délibération en présence de toutes les communautés ou des deux tiers des habitants, sans permission ni autorité de justice, sans affiche ni enchères préalables le tout sans quâ ??aucune nécessité qui est la condition essentielle pour laquelle aucune vente ce dette qualité ne peut àªtre faite.  » (sic)
Enfin, Salaré estime recevable lâ ??argument selon lequel la vente des herbages ne peut àªtre faite à des propriétaires du Lavedan. En effet, un acte de juillet 1714 précise que lâ ??afferme reste possible exclusivement pour des marchands espagnols.
Pour terminer, Salere demande lâ ??invalidation de la vente : il souhaite que les « fermes soient déclarées nulles  ».

Salaré lâ ??esprit de contradiction en 1740

« Il est dit que le sieur Salaré est depuis plusieurs années le fléau de la vallée de Barèges par son esprit remuant et litigieux. La vallée de B est en discussion depuis plusieurs années avec les Espagnols ses voisins sur la possession de qql montagnes. Il y a eu différentes conférences par ordre de la Cour entre des commissaires franà§ais et espagnols sans quâ ??on ait pu encore y parvenir. « Le sieur Salaré est gravement soupà§onné pour ne pas dire convaincu de donner des conseils aux espagnols et de fournir des mémoires contres ses propres compatriotes. on a vue des gens envoyés par le commissaire espagnol entrer chez lui ds la nuit pour consulter les objections du commissaire franà§ais.  ».  »
Lettre 8/09/1740 Comte de st Florentin à dâ ??Aignan, p.79. Brives. Pyrénées sans frontières

Salaré à nouveau médiateur à propos des dà®mes autour de 1750

La dà®me - du latin decima, dizième -était, sous l’Ancien Régime en France, un impà´t collecté en faveur de l’à ?glise. Afin de procéder à la collecte de cet impà´t, le curé primitif passait par un fermier. La dà®me était donc récoltée par un fermier, qui la conservait moyennant une redevance annuelle.
Ici, le fermier général est Cantonet .

14 mai 1754 Lafèche notaire
"Lesquels sieurs consuls composant la ville trois vics et Esterre à la suite des affiches et publications qui ont été faites â ?¦ pour la ferme des montagnes de Camplong et de la Pène de Barrada appartenant aux communautés ayant mis leurs montagnes à lâ ??enchère ce jour dans lâ ??hà´tel de ville.. ; représenté Bernard Destrade .. hans de la ville de Lus... Et attendu quâ ??il sâ ??était élevé des contestations à raison de la dà®me entre les fermiers des montagnes et M Legrand prieur de Toulouse, M Salaré, habitant de Luz ici présent stipulant et acceptant en conséquence dâ ??une lettre à luy â ?¦ par Cantonet fermier général et Commandeur sâ ??oblige de faire tenir quitte le dit Cantonet de la dime au moyen de la somme de nonantes livres pour la ferme de Camplong, de celle de 14 livres pour celle de Barada pour chacune des années aussy quelle a été payée jusquâ ??à présentâ ?¦ pas bétail infectéâ ?¦
Témoins : Jean carrot, Jean Lagaye hans Luz, Destrade, Salaré, Souberbie, Crampet, Fr Coméra consuls de Lus

19 juillet 1754 Lafèche notaire
"Bernard Cantonet fermier général et administrateur de la Commanderie de Beaud.. ; hans de Lestelle en Béarn lequel de son bon gré a mis et met en afferme pour cette année seulement la dà®me des bestiaux espagnols pacageant sur les montagnes de la vallée de Barège en faveur du sieur Jean Salaré â ?¦. Lus ..somme de 482 livresâ ?¦ à la fàªte prochaine de la St Michel de septembreâ ?¦."

Salaré le fondé de pouvoir en 1768

Dâ ??après Lavedan, Salaré assista la vallée en tant que représentant du tiers Etat dans la négociation de la Nouvelle Coutume des Héritages.

« La coutume des héritages écrite par Nogués de Luz était combattu par la noblesse, Une session des trois ordres des pays coutumiers fut tenu à Tarbes le 4/11 au 07/12/1768. (â ?¦). La vallée était représentée par Noguès Germain , le Procureur du Roi au siège consulaire de la vallée de Barèges et Jean Salaré avocat de Luz fondé de pouvoir des hab de la communauté pour le tiers état, pour le noblesse Bernard Peris abbé lay de Sers et Viey et J Lafèche abbé lay ayant acheté la charge des abbés lays de Sazos et viscos.
Nouvelle coutume adoptée le 17/12/1768 (instituer lâ ??enfant que lâ ??on veut désormais et non lâ ??ainé comme les usages de la Coutume )
1768 Lavedan p 402

Un fondé de pouvoir : a reà§u le mandat de négocier et de conclure des opérations importantes

Salaré assesseur en 1769 ?

« Salaré prétend dâ ??àªtre assesseur de la vallée et avoir le droit dâ ??assister à la reddition des comptes de la vallée â ?¦ ; au contraire en àªtre exclus à cause de son humeur tracassière. Lâ ??état de trouble o๠se trouve la communauté ne permet pas que vous vous éleviez contre des irrégularités que vous avez cru apercevoir « 
Délibérations de Luz, le 7 mai 1769

Assesseur cad officier de justice
La reddition de comptes est l’opération effectuée par un mandataire ou un administrateur . Il s’agit de tenir des livres de comptes

En novembre 1769, Salaré est bel et bien "avocat des communautés", puis intercesseur en avril 1770 entre l’Intendant De Fornets et les communautés.

Pendant l’épizootie de 1775-1776, Salaré est un conseiller municipal respecté dont la signature peut valoir de laissez-passer.

"Ils arràªteront pareillement tout habitant de la vallée qui ne serait pas muni de certificat de M Peyrafite, Nogué, Salaré â ?¦  »

En aoà »t 1793, la commune souhaite clore toute action relative au procès entre feu Salaré et la présente commune. Salaré est donc décédé. Sa veuve Thérèse Salaré aidée par le citoyen Jacques Gradét obtient le règlement de cette « dette  » reliquat de comptes des années 1754, 1755, 1757. Les sommes dues atteignent 700 livresâ ?¦en autres. Par contre, la veuve devra verser 72 livres aux citoyens Cumian, Horie, Hourie et Tarrieu ?

Salaré était à n’en pas douter un personnage haut en couleur et "d’humeur tracassière".

Navigation

Brèves Toutes les brèves