Les deux canons de Gèdre Guerre de la Convention contre l’Espagne en 1792

, par  agnouede , popularité : 8%

Dans un article de Bernard Druène paru dans la revue locale En Baredgio 1ème trimestre 1976, on apprend l’origine et l’utilisation burlesque qui fut faite des deux canons de Gèdre implantés lors de la guerre de la Convention contre lâ ??Espagne en 1792.

Tout d’abord, Druène replace le cadre dans un contexte de crise déjà connu lors de "lâ ??incursion des Miquelets, des Catalans et des Hussards de lâ ??archiduc en 1708".

A chercher pour des précisions.

Tout commence en septembre 1792, dans les délibérations du conseil Général de la commune de Luz, les conseillers sâ ??inquiètent.
Le procureur sindic du district dâ ??Argelès vient dâ ??écrire au procureur de la commune pour "appeler le canton à se prémunir contre une incursion subite que les Espagnols ".

Dans les délibérations du conseil Général de la commune de Luz, le 13 mai 1793, une alerte sous la forme dâ ??un rapport verbal est lancée aux conseillers. Le nommé Bernard Peyou Courtade habitant de Gavarnie rapporte des constations alarmantes faites par deux franà§ais de retour dâ ??Aragon.
Il annonce « une redoute quâ ??ils ont pratiqué à lâ ??entrée de Brotou  » avec trois canons postés, ainsi quâ ??une avant-garde à Boucharo.

Selon Druène :
"Dès le mois de mai 1793, une fausse alerte peut-àªtre provoquée dâ ??ailleurs par les autorités montra « la hauteur à laquelle lâ ??esprit public des administrés est généralement monté « comme le demandait le procureur général syndic des HP à son collège de Pau. « Jâ ??ai vu hier que nous aurions fait marcher 30000 hommes ds 24h , jâ ??ai vu tous les habitants des campagnes se porter à Tarbes, et à Lourdes ss aucune réquisition et à la seule nouvelle de lâ ??alarme, tout le pays de montagne était armé, la route de Barèges ne pouvait contenir tous les hommes qui se portaient à la frontière. La garde nationale au lieu de 200 hommes nous en forma 500, il partit de Lourdes 2000 hommes.
Mais le 27 juin 1793,les Espagnols brulent 2 maisons à Peyrenère au sud de Canfranc, au début de juillet ils enlèvent le petit camp de Casa de Brousset ds la vallée dâ ??Ossau et prennent 200 béarnais prisonniers."

Cette alerte correspond en vallée de Barèges à la levée de troupes de volontaires dès juin 1793..

Druene énumère les ports o๠sont postées des avant-gardes tout en expliquant la faible importance des escarmouches.

Il s’agit de
"Câ ??est là quâ ??est établie la réserve des grands- gardes postées à Héas, à Coumélie , à Gavarnie avec avant-postes au port de la Canaou , au Port Vieux. Ce fut dâ ??abord la garde Nationale de la Vallée, puis les bataillons de Volontaires ,1° dâ ??Argelès réuni aux Aurois ds une demi brigade de montagne, le 2° dâ ??argelès et des bataillons dâ ??infanterie légère qui défendit notre secteur."

Druène ne signale pas les observations de Briet et Ramond à propos des cols de Pinède et des Tentes.

Au port Bieil d’Estaubé, il explique :
"En fait, sauf lâ ??épisode de la mort de Motte de Peyrouse tué près du Port Bieil dâ ??Estaubé, on connait mal les escarmouches de faible importance qui animèrent la frontière. Le regretté Rivière Sacaze de Lus mâ ??avait raconté quâ ??à une attaque espagnole contre le port de Gavarnie sâ ??était distingué un capitaine de la garde nationale de Luz « Eth petit Bario  » allant à cheval sous le feu dâ ??un poste à lâ ??autre. Jâ ??ai vérifié que cela lui valut dâ ??àªtre convoqué par le Âpréfet avec son lieutenant-colonel dâ ??Estrade pour faire partie de la garde dâ ??honneur à cheval qui escorta Napoléon lors de son passage à Tarbes. L â ??historique des chasseurs de Barbastro mentionne une incursion franà§aise arràªtée devant Torla et câ ??est tout ce que jâ ??ai pu trouvé de certain sur ce calme secteur. ".

Mais, revenons aux deux pièces de canon de Gèdre et à l’amusante anecdote de Rondou.

"Le conventionnel Féraud qui sera massacré paris en défendant la Convention contre les émeutiers anime la défense , il conduira une offensive jusquâ ??à Plan sur le chemin de Bielsa. Son rapport de septembre 1793 signale la présence de deux pièces à Gèdre, le canon qui y est toujours et un autre plus petit. Comment sont-ils venus ? Sans doute sur des affà »ts, traà®neaux réglementaires analogues à ceux qui servirent à passer les canons de Bonaparte au St Bernard, mais si on se rapporte au dessin du fragile pont de Sia de cette époque, on comprend combien fut difficile ce passage ainsi que celui du rude sentier par lequel ils gagnèrent lâ ??éperon dâ ??o๠est visible la vallée entière, sur lequel fut hissé le canon.

Selon le témoignage des gens du turon , la tradition rapporte que lâ ??un des chevaux dâ ??attelage tomba mort, épuisé par lâ ??effort fourni en arrivant au pied de la plateforme encore visible o๠les pièces furent mises en batterie.

Jâ ??avais demandé au regretté M Rondou ce quâ ??il savait sur le canon, il eut la bonté de mâ ??adresser lâ ??humoristique récit qui suit :

« Plus tard mais quelle date , je ne sais on voulut récupérer ces pièces et les faire rapporter lourdes, mais le retour de lâ ??une cause de tels tracas et déboires quâ ??on abandonna lâ ??autre sur place. Elle servait qu’un personnage dâ ??importance visitait la vallée, on tirait un coup de canon en son honneur. Le 03/08/1864, le Préfet du département M Garnier, venait inaugurer la toute carrossable de Gèdre à Gavarnie quâ ??on venait de construire. Pour lâ ??honorer, on voulut le gratifier dâ ??un coup de canon ?
Des artilleurs improvisés introduisirent dans la pièce une charge colossale de poudre et par-dessus des mottes de gazon bien tassées avec un refouloir ad hoc.
Quand les vedettes annoncèrent lâ ??apparition du cortège, on mit le feu, on sâ ??échappe. La pauvre pièce « tait bien embarrassée pour savoir de quel cà´té elle devait se décharger ?
Tout à coup, elle éclata dans un bruit effroyable, une partie de la culasse (environ 80kg) alla tomber dans la maison Bourg (à 200 m sur la rive gauche du gave). Des débris de diverses sortes arrosèrent le cortège, hasard heureux, personne ne fut blessé. Le fut sâ ??allongea un peu au-dessous de la batterie, il y git toujours.  »

Bibliographie
En Baredgio 1ème trimestre 1976, le canon de Gèdre, Bernard Druène
En Baredgio, 1, 1ème trim 1991, In memoriam pour Bernard Druène ARTIGALET, Fernand

Rondou. Monographie, Tome IV, p 132

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