Les ayants droits d’Arrode 2/3 Feuilleton d’Arrode

, par  agnouede , popularité : 2%

On a déjà évoqué le secteur dâ ??Arrode à propos de la légende et de la grotte visité par Lucien Briet en juillet 1903.

Mais, quels étaient les paysans qui essartèrent et rendirent fertiles cette croupe de montagne ?
Appartenant au vic de Darrelaigue, le secteur Arrode est affiévé depuis des « temps immémoriaux  » à des paysans de Sazos.

On trouve un premier acte dressé par Maruquette le 13 juillet 1698. Il contrà´le un des ayants droits dâ ??Arrode, jâ ??ai nommé « Pierre Lessalles paisan du lieu de Sazos  ». Ce dernier fait renouveler ses droits le 25 juin 1708 devant les consuls du vic de Darrelaigue. Un premier droit est évoqué celui de « pourvoir faire gistre son bétailh à laine tant seulement au germ et au possessoire  » de Pierre Lessalles. La circulation des bàªtes doit àªtre autorisée, de faà§on à envisager le retour des animaux dans la grange le soir après le pacage dans les zones communes. Arrode fait partie de ce que lâ ??on appelle les zones intermédiaires qui regroupent les granges foraines et des prés de fauche attenants et des communaux, les espaces de pacage à utilisation collective. Le parcours est autorisé moyennant lâ ??expression « via recta  », câ ??est-à -dire avec une conduite serrée qui ne laisse pas la place aux divagations qui pourraient causer des dégà¢ts aux cultures.

Dès la fin du 17° siècle, Arrode est un secteur déboisé, mis en valeur o๠des près de fauche sont entretenus.

Dans lâ ??acte de Maruquette, un autre droit est fixé . Il sâ ??agit du droit de « pouvoir entrer et faire dépaitre le bétailh en la montaigne appelée Castillon  ». Depuis Arrode, le « bétail à laine  » gagnait progressivement les zones dâ ??estives en altitude pour la saison dâ ??été. Cependant, cette montagne ne sera pas accessible pour Lessalles les années o๠elle sera vendue à des « étrangers  » par le vic. Lâ ??interdiction est dâ ??ordre sanitaire, les consuls souhaitent éviter les contacts entre les animaux : « pour cause de danger quâ ??il pourrait y avoir pour la communication des troupeaux qui attireront des infections  ».

Postérieurement, dans des actes notariés de 1727 et 1734, on trouve un dénommé Jeanâ ??Pierre Salles assurément de la màªme famille, puis en 1844 Bernard Salles Enfin, à lâ ??établissement du cadastre de Luz en 1852, un certain Jacques Salles possède une grange, un jardin et dâ ??autres terrains.

En 1852, on dénombre pas moins de dix paysans domiciliés à Sazos propriétaires des neuf granges dâ ??Arrode.
Il sâ ??agit de Lartigue Jean Pierre, Andiolle Henry, Pujo Jean Henry Bà¢a et Henry, Laborde Henry Armary, Bourdere Henry Tradere, Périssé Marguerite, Nougué Barthélemy, Caousieu Pierre .

Comme le précise le notaire Coufitte « les habitants des hameaux de Sia dépendants jadis de la commune de Sazos et aujourdâ ??hui [font] partie le premier de la commune de Luz  ».
Dâ ??après notre informateur local, Jean de la Pène, tous ces propriétaires répertoriés sur la commune de Sazos résidaient au quartier de Sia qui sera rattaché à Luz.

Les troupeaux dâ ??Arrode dont lâ ??accès semblait prohibé sur la montagne de Castillon gagnaient lâ ??Oule de Bué qui nâ ??était pas frappée dâ ??interdiction.
Sur le plateau, à cà´té de la cabane contemporaine de lâ ??Oule de Bué, une dalle porte la signature dâ ??un des ayants droits dâ ??Arrode. Sur une pierre plate destinée à donner du sel, Henri Pujo Bà¢a marque son passage. La gravure date de 1917. Nul doute, nous avons affaire au propriétaire dâ ??une des granges dâ ??Arrode. Du plateau dâ ??Arrode, Pujo Bà¢a nâ ??avait pas beaucoup de chemin à faire pour aller contrà´ler son troupeau. Il lui suffisait de suivre le canal de Caubarolle et de poursuivre quasiment sur la màªme ligne de niveau après la cascade de Soutarra. Une demi-journée pouvait àªtre consacrée aux soins des animaux, ensuite, il pouvait continuer de faucher à Arrode, rentrer les foins ou bien retourner à Sia pour poursuivre les travaux des champs. En effet, la maison Bà¢a est sise à Sia, on distingue la maison dâ ??habitation à lâ ??embranchement du camping Badingo. Henri Pujo Bà¢a était marié à Bernardine Artigot dit Soubielle, il aura plusieurs filles dont lâ ??une se mariera avec Pierre Lartigue, le cantonnier.
Deux propriétaires dâ ??Arrode sont dâ ??ores et déjà identifiés.

On peut également faire lâ ??hypothèse que Pierre Caoussieu réside à Sia. Un parent Lartigue laissera sa trace au coueyla du Pailla. Il sâ ??agit de Jean-Marie Lartigue dit Calas du village de Sia. Avec Félix Porte, ils gravent chacun une inscription avec soin et application lors de leur séjour de lâ ??été 1881.

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