Bilan mitigé 2007

, par  agnouede , popularité : 4%

Nous l’avons déjà fait remarquer, cette année 2007, Jean a perdu plus de 3% de perte généralement admises bon an mal an pour un troupeau.

Des agneaux nés à Gavarnie manquent à l’appel, ils ont été rudement éprouvés par le gel début juillet et sont morts de plaies infectées d’asticots.

En revanche, il nous manque à ce jour dix brebis séjournant à Bassia, limite Bernazou et Ardiden dont une brebis meneuse noire.
O๠sont-elles passées ?
De plus, qu’est-il arrivé à l’une de nos bàªtes griffée au flanc par un animal prédateur.
Ces blessures ont été remarquées sur d’autres animaux pacageant à Antarrouyes, les gardes du Parc national n’ont pas estimé que ces blessures provenaient d’un ours.

Quel genre d’animal peut s’aggripper à leurs flancs et ne pas réussir à les tuer ?

Des chients errants, là -haut, impossibles, le secteur est trop peu touristique et accidenté..
Rappellons les trois bàªtes de Sylvain Broueilh tuées en septembre 2006 à Ossoue, la peau retournée ...

Nous pensons à un lynx dont il existe quelques éléments sur le massif, qui peut-àªtre en fin de saison , transiterait par ces montagnes isolées...

Nous avons posé la question sur le forum du Parc national et attendons une réponse...

Pour lors, le Parc national ne reconnaà®t pas la présence du lynx dans les Pyrénées, depuis 1982.

Plusieurs témoignages sur le forum Ossau.net

Dont quelques uns pouvant nous concerner :

"J’ai témoigné au PNP de ma rencontre avec un lynx près du col d’Aspin, en juin 2001 "Alain Lalanne : Lun 24 Jan 2005

"Pour ma part dans le Nistos je me suis trouvé nez à nez avec un animal type gros chat" Louis 14 Nov 2006

Un dossier très bien documenté avec les dernières indices de l’existance du lynx boréal dans les Pyrénées.

Selon l’auteur de ce site, il y aurait deux noyaux de populations :
- dans les Pyrénées occidentales, entre les vallées d’Aspe et d’Ossau, le cirque de Lescun et les montagnes le long de la frontière franco-espagnole jusqu’à la foràªt d’Iraty.
- dans les Pyrénées centrales cette fois, au sud de Saint-Girons, en Ariège

Enfin : "Si des lynx survivent encore dans les Pyrénées à l’heure actuelle, il est fortement probable qu’ils se localisent dans des secteurs sauvages de la partie orientale de la chaà®ne (entre Pyrénées-Orientales, Aude et Ariège). "
http://www.carnivores-rapaces.org/

En revanche, on peut lire ceci :

"Selon certains, il n’y a plus de lynx dans les Pyrénées ; selon d’autres, le lynx a survécu. Luc Chazel fait parti de ces derniers et plusieurs observations le conduisent à distinguer 3 noyaux de population : un noyau occidental (Aspe, Ossau, cirque Lescun), un noyau oriental (Pyrénées orientales, une partie de l’Ariège et de l’Aude) et un central (Ariège). Si le lynx vit toujours dans les Pyrénées, il s’agit probablement du lynx boréal (Lynx lynx). D’autres avancent que c’est le lynx pardelle (Lynx pardinus) qui vit ici. Toutefois, aucune preuve formelle n’a été récoltée mettant en évidence la présence du lynx dans les Pyrénées.(...)

Source : « Le lynx Boréal  » (Stalh et Vandel, 1998) et "Le lynx boréal en France : statut actuel et problèmes de gestion" (Stalh ; Vandel et Migot, 2002 dans "L� ??étude et la Conservation des Carnivores) édités par la SFEPM.

Des nouvelles du lynx, en mai 2014 sur le site http://baladesenpyrenees.over-blog.com/

Deux questions au naturaliste Christian Riols, co-président de la LPO de l’Aude.

Pouvez-vous confirmer la présence du lynx dans les Pyrénées ?

Christian Riols : Oui, le lynx y est bien présent. à€ la Ligue de protection des Oiseaux, je travaille sur les rapaces, mais aussi sur les carnivores. Avec mon collègue des Pyrénées-Orientales, Jean-Pierre Pompidor, on a recensé 230 données de lynx sur l’Aude et les P.O., avec de nombreuses observations. La spécificité du lynx pyrénéen est qu’il peut aller dans la garrigue. En mars 2012, il a été photographié à 25 km du littoral, à Fontjoncouse dans les Corbières. Il couvre la màªme aire de répartition que le chat sauvage. Il va des cràªtes pyrénéennes au Razès. Le territoire d’un mà¢le couvre plus de 20 000 hectares, 12 000 étant la limite supérieure d’une femelle. Le témoignage le plus remarquable est celui d’une femelle qui surveillait deux grands jeunes, dans le Madres, à la limite de l’Aude, des P.-O. et de l’Ariège.

Et sur le reste de la chaà®ne ?
Christian Riols : On a des données du Béarn jusque dans les zones boisées à l’est du Canigou. Il est vital que son existence soit reconnue.

Il faut arràªter de dire que c’est un mythe. Cela ne le protège pas. Les données officielles acceptées remontent aux années soixante-dix. L’office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) nous dit souvent que s’il y en avait, on l’aurait retrouvé écrasé ou tué par des chasseurs. Mais justement, certains chasseurs nous ont raconté qu’ils ont failli le tirer mais qu’ils se sont arràªtés à temps car ils savent que l’espèce est protégée. D’autres l’ont aperà§u traversant une piste. La population locale, principale source de données, le confond rarement avec le chat sauvage.
Le lynx est un chasseur discret, nocturne et crépusculaire, d’isard, de chevreuil, de renard, de reptiles et de chat sauvage. C’est une population autonome et génétiquement viable. On a des preuves de son passage jusqu’à 2 300 m.
à€ la LPO, nous avons prévu de faire paraà®tre une publication sur le lynx en 2015.

Propos recueillis par Patrice Teisseire-Dufour, le 20 mai 2014.

L’article paraà®t dans le Pyrénées magazine n° 154 de juillet-aoà »t 2014

Document :

Equipe ONCFS Equipe Loup et Lynx

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