Guerre de la Convention contre l’Espagne en 1792

, par  agnouede , popularité : 13%

Pendant dix années consécutives, de 1792 à 1802, puis pendant douze autres années consécutives, de 1803 à 1815, la France s’est trouvée en guerre avec les principales puissances de l’Europe.

Dans les délibérations du conseil Général de la commune de Luz, en date du 16/09/1792, les conseillers s’inquiètent.

"Gradét a dit que le procureur sindic du district d’Argelès vient d’écrire au procureur de la commune pour l’instruire des projets que les Espagnols font d’armer contre la France. L’ ?administrateur du Directoire du district vient également d’adresser aux officiers municipaux une lettre � ?� pour appeler le canton à se prémunir contre une incursion subite que les Espagnols pourront exercer ds le canton quoique la guerre ne soit point officiellement déclarée, il convient de devancer et prévenir la démarche de l’ennemi. Le préposant observe que le pays est dénué d’armes en en état de service, que mm ceux que le départ a fait passer d’après l’ordre du ministre sont tous susceptibles de réparations, qu’ ?il n’existe ni approvisionnement de four, ni plomb que l’ ?on nous avait laissé exprès une quantité de cartouches, mais le canton a été frustré ds ses espérances. .. ; l’invite à donner l’état détaillé des armes de chaque municipalité , de solliciter les administrations du département de quantité de poudre et balle capable de s’opposer au premier attentat".

La guerre à l’Espagne est effectivement déclarée par Louis XVI Le 07 mars 1793. L’inquiétude est de mise.

Dans les délibérations du conseil Général de la commune de Luz, le 13 mai 1793, une alerte sous la forme d’un rapport verbal est lancée aux conseillers. Le nommé Bernard Peyou Courtade habitant de Gavarnie rapporte des constations alarmantes faites par deux franà§ais de retour d’Aragon.

Il annonce «  une redoute qu’ils ont pratiqué à l’entrée de Brotou  » avec trois canons postés, ainsi qu’une avant-garde à Boucharo.

Paul Porte du lieu de Saligos et de Domique Barracou de Bun canton d’Azun s’en reviennent conformément aux ordres qu’ ?ils ont reà§u par le gouvernement. Voilà Â« environ 10 ans sans interruption de métier  », qu’ils étaient en poste ? à Â« Saragoce et à la prueble de Alfidnel  ».

Tous deux confirment : « qu’il y ait une avant-garde de 2000 hommes dans la ville de Torle, avec 3 pièces de canon suivie de 10000 hommes qu’ on a débité àªtre déjà à Jaca ville distante de France d’en deux journées résolues d’entrée en France , nous ont répondu àªtre vrai � ?� les espagnols n’attendant que le beau temps pour se mettre en marche et porter son armée en France , que toutes les forces st portées sur la frontière mais qu’ils n’ont à Torle que 400 hommes.  »

Par contre, « de Torle à Gavarnie deux poste garnis, l’un de 14 fusiliers et l’autre de 25 sans qu’il n’y ait aucune espèce de redoute ni artillerie disposée  » sont installés .

Porte et Barracou s’étant acquitté de leur « devoir du salut de la patrie (� ?�) pour la sà »reté de la république  » terminent leur déclaration « en leurs à¢mes et consciences  » , requis de signer, ils disent « ne savoir  »

Un mois plus tard, les conseillers s� ??acquittent de leur devoir en inscrivant les engagés volontaires pour défendre la patrie. Comme l� ??explique Bernard Prat sur son site consacré à la guerre de la Convention contre l’Espagne en Catalogne explique : « Cette guerre est un mélange de bataillons volontaires et de bataillons d’hommes professionnels qui collaborent avec le corps principal de l’armée.  » http://www.prats.fr/dotclear/index.php

Ainsi, se présentent des engagés volontaires devant le conseil général de la commune « pour le contingent de 800 hommes à faire dans le district d’argelès  ».

En juin, les citoyens Troy, Capdevielle « de 26 ans capable de porter les armes  », Nicolas Baa , Pierre Lacrampe , André Barrio , Antoine Manaut tailleur de pierre , Nogué d’Esquièze , André Lacrampe d’Esquièze, , JP Capdevielle, Henri Mathe de Luz, Henri Laborde de Luz, pierre Rivière cadet, JP Soulé Pelarrey , Pierre Souverbie fils , Henri Coméra fils cadet , Pierre Fabas , Bernard Cougét .
Puis, pour la garde de Gavarnie : Henri lassalle, Daniel Margras d’Asté, Bernard Padre, Henri Trazères, Jacques Coufitte , Michel Lubie .

En juillet, « Henri Lha de Grust , JFr xavier Coméra , son frère Henry inscrit ci-dessus que son gré et son physique rend incapable de porter les armes et a signé sa soumission, le citoyen Charles Barrio , Henri Sale du lieu d’Esquièze, Pierre Cazanabet dit Theil , André Long, jacques Pascalet , JP Guionnet St Onge , Jean camarot, Louis Marquét de sazos, Henri Sempé fils, Henri Viscos, JP Cabaré d’Esquièze, Henri Sansuc d’Esquièze, Pierre Mathe, Jean Gounou de Serre , Pierre Bourinot , Thomas Santam.  » .

D’après les observations de Ramond de Carbonnières, lors de son voyage au Mont Perdu, en 1794, un campement de soldats, destiné à protéger la frontière d’éventuelles incursions espagnoles aurait été installé du cà´té du col des Tentes.
« A la fin de 1792, je retournai dans les Pyrénées. (� ?�) Peu de jours après mon arrivée, je courus au Marboré (� ?�) je me contentais de le cà´toyer et de parcourir rapidement le Port de Gavarnie. Dans ce haut vallon que je voyais pour la première fois (� ?�). Je ne pus en voir davantage : la guerre pràªte à s’allumer semait déjà les défiances sur les pas de l’observateur. Durant les années suivantes, le Marboré fut un camp entièrement fermé aux naturalistes. En vain, je tentais d’en approcher ; tout passage était poste, tout rocher citadelle ; les Pics màªmes étaient hérissés de baà¯onnettes. Il y avait un corps-de-garde espagnol au sommet du Taillon, à plus de 3200 mètres de hauteur absolue.  ».
Rondou complète ces informations en ajoutant : « Les guides actuels de Gavarnie, Henri et Célestin Passet, ont vu, enfants les emplacements des tentes.  »

Lavedan ajoute : « Des tentes avaient été dressées sur ce col par les garde-frontières pendant la Révolution, et, plus tard, vers 1808, par les soldats lors de la funeste guerre d’Espagne. Seules quelques pierres des murs subsistent.  ». D’o๠le nom de la cabane située à 2050 mètres rebaptisée au vu des circonstances « cabane du soldat  ».

Au col de Pinède, Briet signalera des traces d’un passé militaire agité au moment de la Convention dans les années 1792-1795. Lors de son ascension du Pic de Tuquerouye en aoà »t 1901, il écrit : « Je revis les ruines rectangulaires de la cabane qui abrita, durant les guerres de la Révolution, les soldats en surveillance au port de Pinède. .  »

Ruines au col des Tentes
Ruines retranchement pendant les guerres de la Révolution

Cette surveillance des ports et frontières se poursuivit lors de la période 1808-1815 avec des postes fortifiés aux différents points suivants : la Brèche, Mondarruego et au col de Niscle. (source Guirao et Sorando).
Enfin, des remous liés aux troupes carlistes affectèrent encore cette région transfrontalière, pour cela on peut lire l’article d’Alain Bourneton intitulé « La Brèche de Roland et le mystérieux passage de militaires  ».

Bibliographie

9788478202850. El Alto Aragon En La Guerra De La Independencia.Ramon Guirao ; Luis Sorando. Publisher : Institucion Fernando el Catolico Publication Date : 1995

Guerre de la Convention contre l’Espagne en Catalogne http://www.prats.fr/dotclear/index.php

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