Fours à chaux en vallée de Barèges

, par  agnouede , popularité : 3%

Concernant les fours à chaux dans la vallée, nous disposons d’informations à la lecture des délibérations de la commune de luz mises en ligne sur le site des Archives Départementales.

Un règlement pour protéger les bois :

1690 : nous trouvons dans un règlement concernant lâ ??affouage des bois et forets du Bic de Darrélaygue, une interdiction catégorique.
Il est rappelé « Quâ ??aucun habitant ne pourra faire aucun four à chaux sans lâ ??exprès consentement des habitants à payne [sous peine] de dix écus petits applicables aux communautés.  »
Cet acte notarié passé devant Maruquette en 1690 renouvelle dâ ??anciens règlements dont lâ ??objet principal était la protection des bois et forets, dâ ??o๠lâ ??interdiction de construire des fours à chaux, forts consommateurs de bois.

Un four à chaux sur le territoire de Sia en 1720

En juin 1720, un texte mentionne la décision des consuls de Luz de construire un four à chaux sur le territoire de Sia, mais aussi de pratiquer une coupe de bois. Les consuls argumentent leur décision par la nécessité urgente de réparer leur église. Or ce hameau dépend du vic de Darrelaigue. Bernard Fau, consul de Sazos, se rend sur les lieux avec dâ ??autres représentants et sâ ??oppose vigoureusement à la coupe de bois en menaà§ant les bucherons et en voulant les soumettre à lâ ??amende. Les représentants de Luz sâ ??en indignent et rappellent le droit dâ ??usage commun à toute la vallée « tant pour le chauffage, que pour la [construction]  ». Ils adressent une copie de leur protestation rédigée par le notaire Maruquette afin dâ ??appuyer leurs réquisitions auprès du baà¿le qui assurait une surveillance judiciaire. Ils jugent lâ ??intervention des consuls du vic de Darrelaigue comme « criminelle  » et les accusent du retard dans les travaux qui portera un grand préjudice à lâ ??église qui ne pourra àªtre couverte ! Nous ne connaissons pas lâ ??issue de ce désaccord. Cependant, nous ne trouvons pas la mention de four à chaux sur le cadastre au secteur de Siaâ ?¦

Une délibération pour la construction d’un bà¢timent public :

Environ 1730 dans les délibérations des communautés du vic de Plan , Esterre, on trouve une délibération pour faire un four à chaux au quartier de Labatsus pour la bà¢tisse de la maison commune de Barège
devis de M Coustier (p 7).

Des délibérations pour la construction de la route de Labat :

La construction de la "nouvelle route de Labat" c’est-à -dire de la route principale de la vallée ("Bat") est mise en oeuvreen 1733..
"La première route fut construite entre 1733 et 1736 sur la rive gauche entre les ponts de « l’Escala » et « d’Enfer » .... ".
La première voiture attelée arriva par ce sentier en 1744.
Les travaux sont difficiles et les communautés se distinguent par leur mauvaise volonté. Les consuls décident alors de faire construire à chacun des vics un four à chaux pour produire ce matériau nécessaire aux ouvrages comme les ponts. Cela ne va pas sans mal ....

Le four à chaux des Bains :

15 octobre 1733 : le four à chaux des Bains
Les consuls (...) lesquels ayant procédé à la vérification de fours à chaux dont lâ ??entreprise a été faite par Jean Benimgolle et Laurens Serres Danfar que suivant la dite entreprise et attendu qiue lâ ??on a examiné quâ ??il falait ..la conservation en faveur des entrepreneurs pour la chaux qui sâ ??est trouvé au four des bains , il a été délibéré de lui payer la somme de 60 livres que lâ ??on a pris au dit Maruquette de luz" qui était trésorier, puis premier consul du vic ..

Délibération en 1739 de faire construire un four à chacun des vics :

8 février 1740
(...) en conformité en la délibération prise lâ ??an dernier que chaque vic faisoit un four à chaux pour fournir celle quâ ??il convient à la construction des ponts , et dâ ??autres ouvrages pour dâ ??autres chemins de Labat .La délibération est prise de faire porter à chaque vic la charge de leur four du lieu des ouvrages doivent se faire, câ ??est ainsi quâ ??il est convenu et promis en lâ ??absence de cela, des dommages seront pris ."

La création d’un four à chaux au quartier d’Arrieumau :

On trouve, tout d’abord, en 1704, chez Maruquette une faculté pour le vic du Plan de faire un four à chaux en Arrieumau "pour Rivière et Faure contre le vic du Plan"....
23 novembre 1704
"en la maison de ville de lus devant nous témoins bas nommés. Les sieurs â ?¦ concèdent ... la faculté de faire construire un four à chaux au four qui est situé près la chapelle darrieumau [chapelle St Catherine chez Cassini] , avec le bois nécessaire qui leur sera indiqué , marqué par les consulsâ ?¦ ... De là que les fourmiers de la ville sont au nombre de six, ceux dâ ??esquièze trois, un de villenabe, tous lesquels ne composent que 10 portions sans que leur nombre ne puisse àªtre augmenté sans lâ ??exprès consentement des communautés , il sera néanmoins loisible aux dits fourmiers dâ ??augmenter le nombre pour travailler , et non pour prendre aucune portion de chaux, pareillement est arràªté que les dits fourmiers ne pourront vendre ni transporter la chaux qui proviendra de ce four hors des limites du territoire du vic du plan, .... ajoutons que le dit Fr Rivière et André Fauré ne feront quâ ??une portion, promettent dâ ??observer les clauses susdites ??? Estienne Leschard tailleur, Bernard Baze de Luz â ?¦

Chapelle ST Catherine

17 février 1740

"Il a été proposé que pour accélérer les ouvrages des ponts à construire , de quoi la ville du vic du Plan aient de son coté fourni de la chaux pour leur contingent et voyant que les autres vics sont en retardement et pour ne pas souffrir de dommages et encore pour satisfaire à lâ ??attention de sa majesté et des seigneurs intendants , il convient de faire faire un nouveau four à chaux au quartier darrieumau afin de suppléer et de pouvoir fournir la chaux nécessaire tant pour finir le pont de Pescadere que pour construire celui de la peine Enhialadere [actuel pont de la reine] â ?¦de répéter et faire payer aux autres vics la portion quâ ??ils doivent fournir . Sur quoi les délibérants dâ ??une commune voix â ?¦voyant la négligence des autres vics à fournir la portion de la chaux qui leur (incombe) ont délibéré de donner à faire un four à chaux au lieu darrieumau et pour raison de le dâ ??anser quatre sear peur pour fixer le marbre de prendre des gens à loyer pour couper et porter aux endroits le nécessaire à brà »ler le dit marbre â ?¦Couffite fera lelmarché avec les entrepreneurs et le prient de payer â ?¦.
Dusaulx, en 1796, indique à ses lecteurs la présence dâ ??un four à chaux au ruisseau dâ ??Arioumau. Il note la présence dâ ??une carrière.
« C’est là que /les habitants de Luz ont un four à chaux ;/et auprès de ce four, une carrière dont/les bords sont recouverts de belles efflorescences/coblatiques rouges, bleues et/violettes. Ils en tirent un marbre mélangé/de noir et de gris, communément employé/dans leur bà¢tisse, surtout pour encadrer/leurs fenàªtres et leurs portes, ce qui/est de goà »t sans àªtre de luxe ; car le marbre,/dans toutes ces vallées, est la sorte de/pierre la plus facile à tailler.  »
A propos du four à chaux du ruisseau dâ ??Arioumau, nous conseillons la lecture dâ ??un acte notarié dressé par le notaire Maruquette le 23 novembre 1704.

21 février novembre 1743 : le vic de Labatsus se fait tirer les oreilles
"A été résolu ds une assemblé générale que chaque vic faisait un four à chaux pour aider à la construction des ouvrages de la nouvelle route ; que la ville, vic du plan, vic darrelaigue, ont fourni deux contingents quâ ??il nâ ??y a que le vic de Labatsus qui est en demeure , et attendu quâ ??il nâ ??y a pas de la chaux pour la construction des ponts qui restent à faire , il requiert lâ ??assemblée de vouloir délibérer .. a été délibéré que le que le vic de Labatsus nâ ??ayant pas fait le four à chaux, quâ ??il doit le faire, la ville et autres vics ayant fait ceux quâ ??ils devaient faire et la chaux étant déjà employée, le vic de Labatsus sera tenu de porter aux endroits qui leur seront marqués par les conducteurs (...)"

Un règlement pour protéger les bois en 17 septembre 1764

Art 12
Comme les fours à chaux occasionnent une grande quantité de consommation de bois et quâ ??il se commet des abus.. ;il sera interdit à qui que ce soir dâ ??en construire et faire brà »ler que sur notre permission ..laquelle nous accorderons que rarement et à la suite dâ ??éclaircissements que nous auront pris sur lâ ??utilité quâ ??il y aura de donner (p26)

Le four à chaux du Lacaret, commune d’Esquièze, non daté

Délibération du 22 pluviose 4° République : "vente terre inculte au profit de Blaise Crampe habitant de la commune que ce dernier avait acquis du citoyen Lavignole à lâ ??endroit Lacaret , concédons accordons de pouvoir se servir du four attenant à la dite pièce jusquâ ??à concurrence dâ ??un journal "

Le four à chaux deth Ga non daté

A une altitude plus basse, au lieu dit ela moà¹le deth Ga, près des terrains ensoleillés de la Soulà¢gnère, la mention « four à chaux  » est clairement indiquée. En consultant le Dictionnaire Palay, on trouve la définition suivante pour le substantif Ga : « gué, passage d’eau ou canal en certains endroits  ». Lâ ??expression moà¹le deth Ga désigne donc « le moulin près de lâ ??eau  ».
Cependant, lâ ??existence dâ ??un four à chaux est réaffirmée par des documents officiels. Nous retrouvons cette désignation dans le procès verbal dressant les limites de la commune de Luz en 1831.
« [La] ligne divisoire est formée par [le Barrancou ou ruisseau de Lassariou] en remontant son cours jusquâ ??à la rencontre du chemin de Lassariou ; la ligne divisoire est ensuite formée par ce chemin en se dirigeant vers le nord et décrit différents sinuosités, [il] aboutit au four à chaux dit de Ga.  » (sic)
Aucun souvenir concernant lâ ??utilisation de ce four nâ ??est parvenu jusquâ ??à nous. Henri Cazaux-Lapeyre signale toutefois une fosse creusée à màªme le sol. Il peut sâ ??agir de la partie haute du four o๠lâ ??on disposait les pierres destinées à la combustion. La proximité de lâ ??eau permet de penser quâ ??il sâ ??agissait de « chaux fraà®chement éteinte  » destinée à la « fabrication de mortiers  » pour la construction de murs . Par contre, dans une documentation concernant les fours à chaux, on précise que : « Les fours à chaux se situent généralement à proximité d’une carrière o๠l’on exploite un calcaire de bonne qualité et sont autant que possible proche d’une foràªt o๠se trouve le combustible nécessaire en grande quantité.  » Le bois provenait peut-àªtre de la sapinière de Horgues. Mais, o๠se trouvait la carrière ?
Mais, revenons au hameau dâ ??Agnouéde, une carrière devait nécessairement alimenter le four à chaux. Nous recensons uniquement deux exploitations contemporaines autorisées par la Commission Syndicale. Il sâ ??agit, tout dâ ??abord, en 1920, dâ ??extraction « dâ ??ardoises sur les flancs de lâ ??Ase sur une largeur de 10 mètres et pendant deux années, si la carrière à ouvrir donne de bons résultats.  » .Ensuite, en 1947, la Commission accorda la concession de la « sablière dâ ??Armentiou sur le ruisseau Mensonger, moyennant 20F/m3 livrés, [plus 500 F] ceci pour 10 ans à partir du premier juin 1947 du 1°juillet au 1° septembre (56)  ». Cette activité concernait lâ ??exploitation du sable à grès. Dès lors, la question reste entière : o๠pouvait-on extraire du calcaire à proximité de la Soulà¢gnère ? Sans parler de « gisement  », on localise une paroi rocheuse au-dessus de la grange en ruine de Hount Granne. A cet endroit, ont été extraites les pierres dâ ??encadrement des portes et fenàªtres de la maison Mazou, une pierre blancheâ ?¦ Voilà , nous semble-t-il pour la provenance du dit calcaireâ ?¦
Finalement, la mémoire collective de lâ ??Agnouéde ne retient que la présence du moulin et non celle du four à chaux.
Aux environs de 1913, Sinturel conforte lâ ??information. Il signale : « moulin en ruines  » sur la carte numéro trois.
Il ajoute : « Avant de traverser à gué, près de la meule dâ ??un vieux moulin, laissez un sentier qui vous permettrait de grimper sur le rocher du Plat. »

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